Au près jusqu’à Porto Santo

Ouah! Il fait chaud! On range les couettes au fond des coffres!!! On vient d’arriver à Porto Santo, première île de l’archipel de Madere. C’est une île très sèche avec une longue plage. Toute la famille a eu beaucoup de plaisir à plonger dans les vagues, même Pierre: la température de l’eau de 24° y est pour quelque chose!

Par contre, les vents ne sont pas bien orientés et le mouillage est rouleur: nous sommes dans une petite marina derrière un grand môle. C’est sympa, il n’y a qu’à passer le môle pour être sur la plage!

La traversée a été particulièrement éprouvante. Cinq jours et cinq nuits de près, ça use physiquement et nerveusement! Avant de partir, Eric disait: « Nous avons un bateau de près! »

C’est vrai qu’il marche bien, on en est content. Mais nous avons réellement pris conscience de ce que représente le près sur plusieurs jours:

– Nous avons des courbatures partout à force de toujours garder notre équilibre, de lutter contre la gravité, dans un bateau penché constamment.

– Nous n’avons plus un cm² du corps qui ne soit pas couvert de bleus à force de nous cogner partout.

– Le bol de semoule de couscous qui vole à travers le carré quand le bateau part à la gîte.

– C’est Beyrouth dans le bateau: tout est mélangé au sol: des céréales, des playmobils, des crocs…

– Tout le monde s’énerve plus facilement, les enfants comme les adultes.

Le début de la traversée s’est passé malgré tout dans de bonnes conditions météo: beau temps, belle mer. Tanguy commence à prendre ses marques, il se trouve des coins où se poser, en particulier sous la capote. Pierre commence à se déplacer seul dans le bateau gîté à 30°: il rampe par terre! Le premier jour, nous avons pêché une bonite au petit matin: tout le monde sur le pont, on pense très fort à Pat qui se moquait de nous avec nos énormes hameçons. Ouah!!! Puis en fin de matinée, une deuxième. Puis quelques heures plus tard une troisième. Nous étions assez fiers! Et en fin d’après-midi, une quatrième. Eric n’avait pas eu le temps de remettre complètement la ligne à l’eau qu’une cinquième bonite mordait à l’hameçon! Puis une sixième… Nous étions sur un banc! Nous avons pêché au total onze bonites toutes brillantes, toutes belles: incroyable! Nous en avons cuisiné trois avec des pommes de terre, et nous avons mis le reste en conserve, grâce à la cocotte minute. Ca y est! Eric entre à son tour dans le voyage! Il pêche!

Le deuxième jour, nous avons largué la balise ARGO. Nous avions un point GPS donné, et nous pouvions la larguer avec un rayon de 60 milles autour de ce point. Nous l’avons donc préparée, nous avons aussi préparé un petit reportage avec la go pro. Une fois parés, nous l’avons mise à l’eau, et elle est partie toute seule, sur l’eau pour faire son travail de balise. Ca fait bizarre. Un petit pincement au coeur: elle nous a tout de même accompagnés depuis le début, et on espère qu’elle va bien fonctionner! Maël est super content de retrouver sa couchette, il prend ses quartiers, enfin!

 

Nous avons à nouveau rencontré des bancs de dauphins. C’est toujours le même émerveillement. Nous avons enfin réussi à prendre quelques photos.

Dans le courant de la quatrième journée, le vent a commencé à monter. Une petite dépression était annoncée dans la nuit; nous pensions être arrivés, mais nous avions pris du retard par rapport à notre programme. Nous nous sommes donc préparés à affronter une météo un peu rude: deux ris dans la grand voile et trinquette arisée. Eric avait fait le choix de partir vers l’ouest pour traverser la dépression au plus court. Nous avons fini par affaler la trinquette et appuyer au moteur, pour éviter une manoeuvre en pleine nuit. Nous avons eu raison, car les vents sont monté à 40 noeuds, et la houle s’est levée. Ca a été vraiment rude. Je n’étais pas en état nerveux de barrer, Eric a donc barré toute la nuit. Dès que je devais prendre la barre pour qu’il fasse une manoeuvre, j’étais tétanisée, j’avais l’impression de ne rien maîtriser… J’ai finalement passé la nuit allongée dans le cockpit à comater et dormir de temps en temps pour relayer Eric si besoin. Ca été chaud!

Le lendemain, le vent et la mer sont restés difficiles, mais le gros de la dépression était passé. Il a fallu continuer à barrer et gérer la fatigue. Les gars se sont auto-gérés la plupart du temps: c’est à dire qu’ils ont passé leur temps à se disputer à l’intérieur, car ils avaient interdiction de sortir à cause de la mer… Cela n’a pas été une journée sympa pour eux non plus!

En fin de journée, en arrivant à Porto Santo, nous avons vu plusieurs jets de baleines.

Nous allons maintenant nous poser quelques jours à Porto Santo, pour faire l’école, nous baigner, nous balader, visiter le village, continuer sur les traces de Christophe Colomb.

8 réflexions sur “Au près jusqu’à Porto Santo

  1. Le métier rentre….chacun à ses apprentissages. Bon repos et bonnes baignades. Nous aussi, nous prenons de bons bains, particulièrement Raymond. Le soleil est bien installé. Nous trinquerons à votre santé avec Claudie et Gilbert, tout à l’heure. Bises

  2. ohlala, ils sont trop mignons les petits sur le bateau ! Bon, c’est coiffure année 70 chez les Roué, et on rebaptise Pierre Cloclo… Il doit y avoir des coiffeurs pas chers à Madère, profitez-en ! Maël devait être bien content avec ces fameuses bonites ! Allez, reposez-vous bien ! Bise. Agnès

  3. L’aventure est totale et vous y voilà tous ! On va se renseigner sur les bonites pour parfaire notre culture, en attendant que Maël ou Tanguy nous explique tout ça. En tout cas, bravo pour et pour l’aventure et pour la narration et les illustrations. Ici beau soleil, chaleur, bons bains (18°, pas 24°) !!!

  4. Bravo la famille roue qui joue les bons équilibristes ! Profitez bien de cette pause a madère et n’oubliez pas qu’on pense à vous! On vous tire notre chapeau! Bon, Éric,essaie de faire attention!!! Ton arcade sourcilière…. Ton infirmière a un métier prioritaire!!! L’éducation de tes petits marins!!! Adorables tous les trois! Felicitez les pour nous! Et bon vent! Nous on file en corse mais pas en bateau….. On aurait les’chocottes’! Bises des bacchetta!

  5. Bonjour les « Anaos»!!

    Nous voulions vous dire que nous avions donné le nom de votre Bateau à notre groupe : Anao.

    Nous avons regardé les photos de votre site, et suivons de près votre aventure. Nous savons vu que vous êtes en ce moment à Madère et avons quelques questions à vous poser :

    Lucas : « «Est ce vous vous amusez bien? »

    Dylan D: « Que faites vous à Madère ? »

    Mathis: «  qu-est ce que vous mangez à Madère ? »

    Aline : quelle langue parlent les habitants de Madère ?

    Dylan M : Pêchez vous beaucoup de poissons ?

    Gabin : Avez vous vu des animaux ? Quels animaux ?

    Anaïs :quel temps fait-il à Madère ?

    Dorian G : Est ce qu’il fait froid en mer ?

    Dorian B : Est- ce- que vous dormez bien ?

    Emilie : Est-ce que c’est joli là-bas ?

    • Bonjour!
      On vous répond rapidement. La prochaine fois, on prendra la peine de vous répondre plus en détail, avec des photos.
      Lucas: Oui, on s’amuse bien. Même s’il ne fait pas beau, tout est tellement beau et différent de chez nous!
      Dylan: On fait beaucoup de randonnées dans la montagnes. On aime bien marcher et découvrir de nouveaux paysages.
      Mathis: On mange des gâteaux très bons. En portugais, on dit des bolos. On a aussi mangé des brochettes géantes avec de la viande, des saucisses, des morceaux de fromage, de l’ananas.
      ALine: la habitants de Madère parlent le portugais. C’est une région autonome du Portugal.
      Dylan: Nous avons pêché 11 bonites. Ce sont de petits thons très bons. Nous avons ensuite arrêté de pêché, car nous en avions assez pour plusieurs repas!
      Gabin: Nous avons vu des animaux. Dans la mer, nous avons vu beaucoup de dauphins. Sur la mer, nous avons rencontré des oiseaux que nous ne connaissons pas: peut-être une sorte de puffins. A Madère, nous avons vu des insectes pas très sympas: des cafards et des scolopandres! Nous avons aussi vu des vaches dans la montagne.
      Anais: nous n’avons pas eu du beau temps. Il a beaucoup plu. Mais il fait tout de même chaud. S’il ne pleut pas, il fait très chaud!
      Dorian: Il commence à faire moins froid en mer. On a encore besoin d’une polaire la nuit, mais cela va être bientôt fini! Génial!
      Dorian: On dort très bien en bateau. On est bercé par les vagues.
      Emilie: C’est très joli. Le paysage est très vert. Les maisons sont accrochées à la montagne. Il y a beaucoup de fleurs de toutes les couleurs.

  6. Bonjour les téméraires… Ben oui la route des Antilles n’est pas des plus simples. mais je vous assure qu’une fois arrivés ici c’est le pied…
    Bon vent!
    J-C

  7. Pingback: Portugal Partie 2 | Moussespic

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